La Féodalité
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Histoire de Pierre-Perthuis par Jules-Marie Genty

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QUELQUES MOTS SUR LA FÉODALITÉ

     On sait qu'à l'origine de la féodalité, après le règne de Charlemagne, les hauts fonctionnaires cherchèrent à se rendre indépendants en s'attribuant des domaines, lambeaux par lambeaux, ne s'engageant à servir l'autorité royale qu'à ce prix.

     Charles le Chauve, par une ordonnance rendue en 877, et qu'il eut la faiblesse de leur accorder, leur donna droit que les terres, charges et offices royaux, soient héréditaires. Après cet édit, la désorganisation devint complète, ces personnages continuant à observer, entre eux, la hiérarchie de leurs grades respectifs. De là vinrent les ducs, marquis, comtes, des provinces et des villes, et les barons des campagnes.

     Comme ils étaient aussi impuissants que le roi contre les Normands et les Sarazins, un édit de 862, avait ordonné aux vassaux du roi, de construire ou de réparer les forteresses ou châteaux contre lesquels devraient se heurter les envahisseurs.

     Les maîtres de ces forteresses contribuèrent donc d'abord à défendre le pays. Mais plus tard la féodalité devint oppressive. En outre, la permission accordée aux évêques, abbés et en général à toute personne libre de posséder des fiefs, créa cette foule de seigneurs subalternes, dont le nombre fut tel, en Morvan, que chaque paroisse en compta au moins un, et quelquefois, jusqu'à six !

     Le reste de la population tomba alors dans une dépendance absolue et ne connut d'autres lois que la volonté de ses maîtres.

     La noblesse et le clergé finirent par avoir ainsi de véritables sujets et c'est ce qu'on appela le servage. En particulier, la classe paysanne fut réduite à l'état d'esclavage. En ce temps où le système féodal sévissait dans toute sa rigueur,  tout ce qui se trouvait dans l'intérieur de la seigneurie, appartenait au seigneur : les chaumières, le hameau, le moulin, le pressoir, les routes et les chemins, les récoltes, les monts et la plaine, le gibier et les poissons, les animaux domestiques reproducteurs.

     Les vassaux, aux différents degrés de l'échelle sociale, devaient à leur supérieur ou suzerain la fidélité, "l'ost" ou service militaire, et les impôts, soit en corvée, soit en monnaie, suivant les cas.

     En résumé, le serf, placé au dernier échelon, était la chose du châtelain au même titre qu'un animal. Il n'avait pas le droit de quitter la terre où il était attaché, pouvait voir ses récoltes saccagées par le hasard de la chasse seigneuriale, être jugé par son seigneur pour quelque méfait,  plus ou moins grave, être emprisonné, ou pendu, sans recours aucun. Il nourrissait ce seigneur, l'entretenait et s'il le fallait, enrôlé de force dans ses bandes armées, l'aidait à se défendre contre la colère ou la cupidité de ses rivaux.

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