LA
RIVIÈRE
La Cure, qui baigne
Pierre-Perthuis, prend sa souce à Gien-sur-Cure (Saône et Loire), à 700 mètres
d'altitude. Elle a un cours de 112 kilomètres, son eau est claire, le courant rapide et
son fond caillouteux.
En
1549, on commença à exploiter les forêts de la région en bois de chauffe, à
destination de la capitale. C'est Jean Rouvet qui eut l'idée d'acheminer les bûches par
voie d'eau et plus exactement à l'aide du système dit "flottage à bûches
perdues".
Les différents
exploitants marquaient les bûches en bout à l'aide d'un marteau à leur chiffre
particulier et on les jetait pêle-mêle dans la rivière à l'époque des hautes eaux. Ce
mode de transport prenait fin à Vermenton, où les bûches étaient triées et réunies
en trains de bois, ou acheminées par bateaux.
En 1578, on envisagea
l'exécution d'un travail important destiné à rendre la Cure navigable de son confluent
avec l'Yonne jusqu'à Saint-Père, comme elle l'était dès 1273. Mais ce projet
s'accordait mal avec le flottage des bois qui dégradait les rives et aurait causé
l'encombrement du chenal.
Il y eut des pétitions
des riverains d'Asquins, Saint-Père et autres lieux en faveur de ce projet de navigation
qui, après de longues enquêtes, fut finalement abandonné. Le flottage des bois continua
donc d'être pratiqué, ce mode de transport étant d'un bon marché, tel qu'on pouvait le
qualifier de gratuit.
Il se prolongea, jusqu'en 1926, date de la
construction des barrages de retenue d'eau destinés à la production d'énergie
électrique, en même temps qu'ils jouent le rôle de régulateurs en cas de menace
d'inondation de Paris, comme en cas de baisse du niveau de l'Yonne, ou de la Seine,
gênant la navigation en été.
Ces
barrages sont au nombre de trois : Chaumeçon, le Crescent et Malassis. Les deux premiers
sont des ouvrages très importants.
Notons, pour mémoire,
que les marais des Settons, traversés par la Cure et ayant une surface de 406 hectares,
avaient été transformés en 1854 en un vaste réservoir d'une contenance de 24.000.000
de mètres cubes, destinés déjà à régulariser le niveau de la Cure et de la Basse
Yonne.